Brève biographie de Jean-Jacques GOULLIN

et de sa famille (1756 - 1833)

 

 Biographie de Jacques Symphorien GOULLIN (son père)

 

 Jacques Symphorien (Simphorien) GOULLIN, est né à St Domingue vers 1713. Il est le père du "Sans-culotte" Jean-Jacques GOULLIN (qui suit).

Son lieu de naissance exact est ignoré, peut-être la localité du Cap français (anciennement Cap-Saint) de St Domingue ?

Il signe comme témoin au « grand » mariage de Théodore Harambert de la Bazinière et de Marie Agnès Leblond le 10 février 1751 à Fort Dauphin.

Les familles Leblond et Duhart (époux d’une Leblond) sont propriétaires d’une habitation voisine à l’habitation Goulin, petite localité située au sud est de Fort Dauphin.

 

Extrait du registre paroissial de Fort Dauphin (paroisse St Joseph) - mariage de Théodore Harambert de la Bazinière et de Marie Agnès Leblond le 10 février 1751

(Sources : archives nationales de l'Outre-mer : http://anom.archivesnationales.culture.gouv.fr/)

 

Jacques Symphorien GOULLIN a épousé vers 1755/56 à St Domingue Anne Françoise MELLET dont il a eu au moins cinq enfants tous nés à St Domingue dont deux seulement ont survécu (voir leur descendance plus loin).

Le 17 mai 1763, il est témoin à Nantes au mariage d'un cousin éloigné André GOULLIN Sr de la Brosse. Il désigné comme capitaine de milice de Fort Dauphin.

En 1767, il est cité comme négociant et propriétaire d'une sucrerie située à Ouanaminthe, localité rurale située au sud de Fort-Dauphin (voir détails sur cette propriété plus loin sur cette page).

Jacques Symphorien GOULLIN a épousé vers 1755/56 Anne Françoise MELLET dont il a eu au moins cinq enfants tous nés à St Domingue.

Anne Françoise MELLET était, comme lui, née en la paroisse St Joseph de Fort Dauphin, d'autres documents indique qu'elle est originaire du Cap Français, souvent appelé Le Cap, chef-lieu de la colonie française de Saint-Domingue, avant que celui-ci ne soit fixé à Port-au-Prince en 1770. Au XVIIIe siècle, le quartier du Cap comprenait également les paroisses de la Petite-Anse, de la Plaine-du-Nord et de l'Acul.

 

Extrait de la revue "Les affiches américaines" du 25 mars 1789 n° 25, page 168 n° 2

Esclave en fuite : "Marmande, Taquoua, sans étampe, âgé de 30 ans; taille de 5 pieds, ayant le pouce d'une main coupé, des marques de son pays sur la figure; parti marron le premier de ce mois.

En donner avis au Sieur François Mellet, Charpentier au Port-au-Prince. "

 

Extrait de la revue "Les affiches américaines" du 5 janvier 1782

Départ de St Domingue du navire « Le François » du Capitaine Mellet

Suite de la biographie de Jacques Symphorien GOULLIN

Jacques Symphien GOULLIN et Anne Françoise MELLET ont eu comme premier enfant Jean-Jacques GOULLIN (qui suit) puis Anne Marthe (Jeanne) Joséphine GOULLIN (qui suit également).

Jacques Symphorien GOULLIN possédait une "Habitation" (propriété rurale généralement adossée à des plantations avec ses esclaves) aujourd'hui encore dénommée Goulin

située dans la section rurale de Maribaroux (poste militaire), commune de Ouanaminthe à St Domingue . Ce lieu-dit Goulin est recensé dans les plans anciens de Saint-Domingue.

Le 17 mars 1763, Jacques Symphorien GOULLIN est présent au mariage à Nantes, paroisse St Nicolas, d’André Goullin dela Brosse avec Anne-Louise de Lisle, le 17 mars 1763,

il est présenté comme noble homme Jacques-Symphorien Goullin, Lieutenant de Milice, négociant au Fort-Dauphin île de Saint-Domingue, demeurant actuellement au Puy-Lory (*), paroisse St Vincent de cette ville, cousin issu de germain au paternel .

(*) aujourd’hui Place du Pilori à Nantes

Extrait de l'acte mariage d’André Goullin dela Brosse avec Anne-Louise de Lisle, le 17 mars 1763

(Sources Archives départementales de Loire Atlantique)

 

Extrait de la table décennale de Fort Dauphin (1764-1784) avec la naisssances de trois des quatres enfants de Jacques Symphorien GOULLIN

(Sources : archives nationales de l'Outre-mer : http://anom.archivesnationales.culture.gouv.fr/)

 

Acte de baptème de Marc Antoine GOULLIN le 4 mai 1768

(le parrain est Marc Antoine Molié, négociant et associé en affaires de Jacques Symphorien GOULLIN)

 

Acte de Baptème de Anne Jeanne Josephe GOULLIN le 2 mai 1768

(Sources : archives nationales de l'Outre-mer : http://anom.archivesnationales.culture.gouv.fr/)

On notera , parmi les témoins, la présence de Marc Antoine Molié, négociant et associé en affaires de Jacques Symphorien GOULLIN

 

Extrait de la table des naissances, mariages et décès de Nantes

(Sources Archives départementales de Loire Atlantique)

 

Par ailleurs, dans le journal local de l'époque intitulé les "Affiches américaines" dont des extraits sont présentés sur l'excellent site : http://www.marronnage.info/ j'ai trouvé les informations suivantes :

- en janvier 1767 : "sont à vendre trente-huit beaux mulets de la Grande-Côte chez Messieurs Goullin & Mollié, négociants à Fort-Dauphin"

- le 27 novembre 1769 : "Un Nègre Tiamba, nommé Frontin, étampé sur le sein droit D. M Y, & sur le gauche illisiblement, âgé de 30 à 35 ans, taille de 5 pieds 6 pouces, ci-devant domestique de M. Boyer, Médecin, appartenant aujourd'hui à M. Bessard, gérant les biens de M. le Gras, est maron depuis un mois & demi. Ceux qui le reconnoîtront, sont priés de le faire arrêter, & d'en donner avis à M. Lacassaigne, Secretaire de M. le Procureur-Général, au Cap, ou à Mrs Goulin & Molié, Négocians au Fort-Dauphin : il y aura récompense. ".

Jacques Symphorien GOULLIN a quitté l'île de St Domingue pour Nantes en 1773 avec son épouse car sur les listes de passagers entre St Domingue et Bordeaux, il a été trouvé à l'arrivée à Bordeaux le 22/10/1773

en provenance du Cap de St Domingue le débarquement du navire "L'aimable Élisabeth" avec parmi une quinzaine de passagers : "Mr. Goullin et son épouse".

Voir aussi l'article intitulé : Reconstitution des familles de Saint Domingue (Haïti) au XVIIIe siècle, dans la revue "Population, 46e année, n° 1, 1991

Par ailleurs, à partir de cette date les annonces de ce journal demande de s'adresser au "procureur" des héritiers Sans, Goulin & Molié, à Ouanaminthe :

 - le 3 novembre 1778 : "Un Nègre nouveau, Congo, âgé d'environ 12 ans, sans étampe, marqué de petite vérole, appartenant au Sieur Eallard, Procureur des héritiers Sans, Goulin & Molié, à Ouanaminthe, est parti marron le 22 du mois dernier. Ceux qui le reconnoîtront, sont priés de le faire arrêter et de lui en donner avis, ou à M. Grape, Chirurgien au Cap, rue du Bac, qui payera les frais de prise. "

Par ailleurs, M. G. W. Wallner, un généalogiste avec qui j'ai été en relation, a trouvé dans les archives d'outre-mer d'Aix-en-Provence (13) divers autres documents relatifs à Jacques Symphorien GOULLIN dont :

- un acte de vente du 21 juillet 1780, (à 6 h du matin !) rédigé par un notaire, Javain de Poincy (*) à Ouanaminthe avec tout un inventaire détaillé de l’habitation un procès-verbal de mise en possession pour Mr Badaillac des biens dits Goullin rédigé ainsi :"6 h du matin « A la réquisition de Mr Jean Baptiste Badaillac habitant au quartier Ouanaminthe, au nom et comme fondé de la procuration générale et spéciale de noble homme Jacques Symphorien Goulin ancien capitaine des milices du Fort-Dauphin et négotiant de la ville de Nantes y demeurant suivant expédition à nous représentée par Mr Benoit et son confrère, conseillers du Roy notaires à Nantes […] »

(cote DDPC - not - sdom/1133) ;

(*) Pierre Etienne Javain de Poincy, notaire à Fort Dauphin, né en 1737, décédé le 16 avril 1782 (mardi) à Ouanaminthe, Saint Domingue.

 

Jacques Symphorien GOULLIN est décédé à Nantes le 16 août 1785 (paroisse St Clément) à l'âge de 72 ans donc bien avant l'année de l'abolition de l'esclavage (1791).

D'après l’abbé Le Clainche, Jean-Jacques GOULLIN serait un parent éloigné de la branche Goullin de la Brosse. C’est , en effet, le rapport de parenté qui figure dans l’acte de tutelle des enfants

d’André Goullin dela Brosse, après le décès de ce dernier le 20 août 1785.  

 

Acte d'inhumation de Jacques Simphorien GOULIN à Nantes le 16 août 1785

(Sources Archives départementales de Loire Atlantique)

 

Recherches à effectuer aux archives d'Outre-mer d'Aix-en-Provence :

- État des hommes, garçons, engagés [blancs], mulâtres et nègres libres portant armes (15 février 1719) - Cote : FR ANOM DPPC G1/509

- Minutes notariales de Maître Dore, notaire à la ville du Cap à St Domingue (1755, 1767, 1777/1778) - Cote : FR ANOM DPPC NOT SDOM 524

- Répertoire des minutes de Maître Benoît (1780 - 1784) notaire à Pointe Noire (Guadeloupe) - cote FR ANOM DPPC NOT GUA REP 4

- Liste des passagers en provenance des colonies débarqués à Bordeaux : Cote : Série COLONIES F5B (n 1 à 143)

 

Recherches à effectuer aux Archives nationales à Paris

Affaires jugées GOULLIN (Jean-Jacques) : côte W //493 dossier 479

 

Recherches à effectuer sur le site du CGLA44 : http://www.cgla44.fr

- paroisse St Clément de Nantes (lorsqu'elle aura été dépouillée)

-

- liste des embarquements de Nantes et de débarquements de Bordeaux

 

 

Rappelons aussi l'existence de l'excellent site internet de l'association "Généalogie et Histoire de la Caraïbe"(GHC) : http://www.ghcaraibe.org/

où vous pourrez trouver la liste des registres paroissiaux des anciennes paroisses de St Domingue avec l’année du premier registre disponible pour chacune d'entre elles

Cette association est également dépositaire du fichier de dépouillement des registres paroissiaux de l'île de St Domingue consitué par l'historien et démographe Jacques HOUDAYE.

 

Je conseille la consultation le site internet suivant qui donne une très exhaustive des colons de St Domingue au 18e siècle : http://www.domingino.de/stdomin/2colons_g.htm

 

 

Histoire de la fondation de Fort Dauphin

L'actuel site de Fort Dauphin est fondé en 1578 par les Espagnols qui l'appelent alors Bayaha. Au XVIIe siècle, les boucaniers se servent des îlets de la rade comme repaire lors de chasses sur la terre ferme.

Après le traité de Rijswick en 1697, par lequel l'Espagne reconnaît l'occupation par la France de la partie occidentale d'Hispaniola (suite de la guerre déclarée en 1689 entre la France et l'Espagne), Joseph d'Honon de Gallifet, gouverneur de la Tortue, installe à Bayaha des soldats congédiés de la garnison du Cap-Français, faisant de la zone un poste de vigie face aux Espagnols. Plusieurs sucreries et indigoteries s'y développent.

En 1707 une paroise fut fondée à Bayaha à proximité du futur Fort Dauphin. 

Liste des 25 premiers habitants de la paroisse St Joseph de St Domingue en 1707

(Sources : archives nationales de l'Outre-mer : http://anom.archivesnationales.culture.gouv.fr/)

En 1710, l'abbé Boutin créé la paroisse St Joseph de Fort Dauphin.

En 1729, Pour soulager le curé de St Joseph de Fort Dauphin dont la paroisse avait 25 lieues de circuit on forma une "succursale paroissiale" à Juana-Mendez dont les Français firent Ouanaminthe.

Le 8 août 1730, Étienne de Chastenoye, gouverneur de l'île Sainte-Croix, pose la première pierre d'un fort : le fort et la ville de Bayaha prennent le nom de Fort-Dauphin, en hommage au dauphin Louis-Ferdinand, fils du roi Louis XV.

Le forteresse de Fort Dauphin a été achevée en 1740.

Au XVIIIe siècle, le "quartier" de Fort-Dauphin était divisé entre les paroisses de Ouanaminthe, de Vallière, du Terrier-Rouge et du Trou.

Fort-Dauphin fut rebaptisé "Fort-Liberté" après l'indépendance d'Haïti en 1804.

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Carte de la zone française de Saint Domingue à la veille de la révolution

 

D'après l’abbé Le Clainche, Jean-Jacques GOULLIN serait un parent éloigné de la branche Goullin de la Brosse (“du troisième au quatrième degré estoc paternel”) C’est le rapport de parenté qui figure dans l’acte de tutelle des enfants d’André Goullin dela Brosse, après son décès, le 20 août 1785.  

Rappelons aussi l'existence de l'excellent site internet de l'association "Généalogie et Histoire de la Caraïbe"(GHC) où vous pourrez trouver la liste des registres paroissiaux des anciennes paroisses de St Domingue avec l’année du premier registre disponible pour chacune d'entre elles. 

 

 

Biographie

de

Jean-Jacques GOULLIN,

 

Jean-Jacques GOULLIN est le fils d'Anne (Françoise) MELLET (MALLET) et de Jacques Symphorien GOULLIN (qui précède).

Il est est né sur l'île de St Domingue vers 1756 (ou 1757)

Son acte de baptême n'a pu être retrouvé car les registres paroissiaux de la paroisse St Joseph de Fort Dauphin de la période concernée ont été perdus.

Le 30 mars 1771, Jean Jacques GOULLIN est parrain au baptême à Nantes (paroisse St Similien ) de Jean Baptiste Louis GOULLIN fils d'André GOULLIN de la Brosse et d'Anne Louise de LISLE dont il est cousin au 4e degré.

Jean-Jacques GOULLIN est âgé de 17 ans lorsqu'il quitte définitivement St Domingue pour la métropole vers 1773/1774.

De fait, dans l'ouvrage intitulé : "Histoire du tribunal révolutionnaire de Paris (tome 5)", il est écrit qu'en octobre 1793,

lors de la création du comité révolutionnaire Nantes, Son fils Jean Jacques GOULLIN était domicilié à Nantes depuis 20 ans.

Il reste un temps à Paris, rue Saint Méry puis part s'installer à Nantes, u n° 12 de la rue Félix, au 2ème étage avec vue sur le cours de Nantes.

Joli homme, d'autres le disent malingre, il était réputé, avant la Révolution, pour ses talons rouges, ses plumets, sa longue rapière et son libertinage.

Il vivait au café et on ne lui avait jamais connu « d'autre état que celui de joueur de tric-trac » (jeu de cartes) et de beau-parleur.

Le 14 juin 1783, Jean Jacques GOULLIN assiste au mariage de sa soeur, Anne Marthe Joséphine Goulin avec Jean Bernard BRARD, négociant habitant de Cap St Domingue ,

où « Goullin de la Brosse, Conseiller du Roy, Premier Avocat Honoraire au siège présidial de la ville de Nantes » signe le régistre comme « parent de la future épouse »

(Sources : contrat de mariage, notaire Girard II, liasse 951) / " Notes sur la famille Goullin » par Francis Goullin (III).

 

Extrait de la revue intitulée Revue de Bretagne et de Vendée (juillet 1880) "Le sans culotte Jean Jacques Goullin" par Alfred Lallié

 

Le 26 octobre 1790, Jean Jacques GOULLIN est également témoin au mariage de Pierre Marie GOULLIN et Demoiselle Rose Séraphine HIMENE :

Extrait de la revue intitulée Revue de Bretagne et de Vendée (juillet 1880)

 

Le 2 avril 1793, le conventionnel Fouché le nomme receveur de l'enregistrement.

Quelques mois après, Jean Jacques GOULLIN démissionne pour devenir secrétaire du député de la convention Pierre Philippeaux, alors en mission à Tours,

puis il sera nommé secrétaire de la Commission nationale des représentants en mission à Nantes.

En octobre 1793 est créé à Nantes le Comité Révolutionnaire qui compta 13 membres, dont Jean Jacques GOULLIN.

Il habitait avec son ami GALLON, raffineur, et la femme de celui-ci, une maison à l'angle de la rue du Lycée et de la rue Félix.

Comme Jean Jacques GOULLIN se trouvait à l'étroit avec le ménage GALLON, il jugea plus pratique de s'adjuger un appartement plus confortable dans le même immeuble,

appartement occupé par Mme de COUTANCES que l'on envoya "coucher" en prison.

Jean Jacques GOULLIN prit la présidence du Comité le 15 décembre 1793, avec des pouvoirs illimités.

La Terreur s'abattit alors sur Nantes et sa région de décembre 1793 à mai 1794.

Jean Jacques GOULLIN a une part majeur de responsabilité dans les épouvantables tueries sans jugement réalisés dans la cité nantaise par le comité révolutionnaire.

Ainsi, pour ce faire, Jean-Jacques GOULLIN crée la Compagnie Marat, formée " d’une cinquantaine de fripons et de bougres ".

Un portrait édifiant en a été tracé par Alfred Lallié dans un ouvrage intitulé Le Sans culotte Goulin (fichier téléchargeable issu de la source BNF - base GALLICA).

Un des axiomes du comité révolutionnaire de Jean-Jacques Goullin était "qu'en révolution il vaut mieux que dix patriotes aient à souffrir d'une erreur involontaire que de voir échapper un seul conspirateur ".

Mais la chute de Roberpierre entraîna celle de ce comité nantais en 1794.

En floréal deux des membres des plus influents avaient été incarcérés ; mais les représentants Voulland et Dubarran avaient pris leur défense et les avaient fait réintégrer dans leurs fonctions. Aussi, en se voyant arrêté, le comité de Nantes espéra qu'il en serait bientôt de même ; mais le temps se passait et aucun ordre de mise en liberté n'arrivait.

Enfin, dans la nuit du 6 au 7 thermidor, on prévint les prisonniers qu'ils aflaient partir pour Paris, où le tribunal révolutionnaire devait statuer sur leur sort et décider de quelle manière ils avaient rempli les fonctions qui leur étaient confiées. Ce fut pendant la route, un peu avant Versailles, qu'ils apprirent la révolution du 9 thermidor et ses suites si désastreuses pour le parti auquel ils appartenaient. L'un d'entre eux, Goullin, le plus capable de tous, donna les marques du désespoir le plus violent : « Ah ! ciel, est-il possible!» s'écriait-il en mettant sa tête dans ses deux mains. Nous sommes perdus !» disait Grandmaison, autre membre du comité, qui non-seulement avait sur la conscience les forfaits qu'il avait commis à Nantes, mais encore un assassinat commis avant la révolution et pour lequel il avait, du reste, obtenu des lettres de grâce.

Chaux, ancien négociant quelque peu banqueroutier, et l'une des têtes du comité, pleurait de rage et s'arrachait les cheveux. Ces manifestations, tout au moins singulières pour des gens non initiés au système des terroristes, stupéfièrent profondément un gendarme qui les accompagnait. Cet homme, voyant ses prisonniers s'abandonner ainsi à la douleur, essayait mais en vain de les calmer en leur disant que la chute de Robespierre n'était pas encore confirmée.

Un capitaine de navire, nommé Abraham, qui faisait avec les détenus le voyage de Nantes à Paris, ne pouvait, en homme simple qu'il était, comprendre en quoi cette chute pouvait si fort les affecter, et comme il en exprimait son étonnement, Grandmaison lui répondit : C'est que Robespierre est notre défenseur; s'il est perdu, nous sommes perdus. » En sa qualité de sans-culotte, Grandmaison employa même un terme plus énergique.

Ainsi Robespierre était considéré par ces misérables comme leur défenseur ; et il est constant que si celui-ci n'eût pas été renversé, les Lebon, les Carrier et le comité de Nantes n'eussent été aucunement inquiétés, au moins est-on en droit de le supposer en jugeant de l'avenir d'après le passé.

Arrivés à Paris, les détenus furent incarcérés les uns au Plessis, les autres à la Conciergerie. Parmi ceux à qui échut le Plessis était Grandmaison, qui, à son entrée dans cette prison, se vit entouré par les quatre-vingt-quatorze Nantais qui s'y trouvaient réunis. Phélippes-Tronjolly, l'adversaire le plus courageux du comité, ayant aperçu son persécuteur, lui reprocha avec véhémence les crimes qu'il avait commis; chacun des Nantais présents ajoutait un grief aux griefs exposés par Pliélippes; enfin des paroles on en vint aux injures, des injures aux menaces, des menaces aux coups, et Grandmaison reçut une correction qui l'obligea à rentrer dans sa cliambre et à n'en plus sortir, de peur de nouvelles voies de fait.

De leur prison de la Conciergerie, Jean Jacques Goullin et Chaux ne cessèrent d'adresser des lettres où ils justifiaient leurs excès. Quelques-unes étaient adressées à leur ancien défenseur Voulland ; ils lui demandaient de faire cesser leur détention et de les rendre à leur patrie dont ils ne voulaient que le bonheur ; mais les temps étaient changés : en floréal an II, Voulland avait pu sans danger pour lui-même défendre à haute voix les noyeurs, les voleurs de Nantes ; mais en vendémiaire an III, il n'en était plus ainsi, et le patriote Vou..nd abandonna les membres du comité au sort qui les attendait.

Ce fut le 2e vendémiaire an III, à neuf heures du matin, que s'ouvrirent les débats de cette affaire. Le tribunal est composé des citoyens Dobsent, président; Godinet, Lavouée, Poulenot et Ardouin, juges; du citoyen Petit, substitut de l'accusateur public, et du citoyen Paris, greffier en chef ; ce dernier a abandonné le nom républicain de Fabricius, qu'il portait sous la terreur, pour reprendre celui qnû a reçu de son père.

Le jury était composé des citoyens Roussel, Métivier, Saulnier, Cherct, Jiedon, Magendic, Uelhoste, Quichaud, Nantil, Lebreton, Sambat, Topino-Lebrun , Raimbourg, Dubuisson, Maupin et Lecour.

Les accusés ont été ensuite introduits et, sur l'ordre du président, le greffier Paris lit l'acte d'accusation dont la teneur suit :

 

EXTRAIT DE L'ACTE D'ACCUSATION CONTRE LE COMITÉ RÉVOLUTIONNAIRE DE NANTES

Michel-Joseph Leblois expose que, par arrêté des représentants du peuple en date du 5 thermidor, lors en mission près l'armée de l'Ouest et dans les départements en dépendant, (...)

Jean-Jacques Goulin, membre du comité révolutionnaire de Nantes, âgé de trente-sept ans, né à Saint-Domingue, demeurant à Nantes ;

Pierre Chaux, âgé de trente-cinq ans, né à Nantes, y demeurant, marchand et membre du comité révolutionnaire ;

Michel Moreau dit Grandmaison, âgé de trente-neuf ans, né à Nantes, y demeurant, membre du comité révolutionnaire ;

Jean-Marguerite Bachelier, âgé de quarante-trois ans, membre du comité révolutionnaire, notaire public ;

Jean Perrochaux, âgé de quarante-huit ans, né à Nantes, y demeurant, entrepreneur de bâtiments et membre du comité révolutionnaire ;

Jean-Baptiste Mainguet, âgé de cinquante-six ans, né à Nantes, y demeurant, épinglier et membre du comité révolutionnaire de Nantes ;

Jean Lévêque, âgé de trente-huit ans, né à Mayenne, département de la Mayenne, maçon et membre du comité révolutionnaire de Nantes, y demeurant ;

Louis Naud, âgé de trente-huit ans, né à Nantes, y demeurant, boisselier et membre du comité révolutionnaire de Nantes ;

Antoine-Nicolas Bologniel, âgé de quarante-sept ans, né à Paris, horloger, demeurant h. Nantes et membre du comité révolutionnaire ;

Pierre Gallon, âgé de quarante-deux ans, né à Nantes, y demeurant rue Raffmeur ;

Jean-François Durassier, âgé de 50 ans, né à Nantes, y demeurant, courtier pour le déchargement à Nantes des navires venant de Saint-Domingue ;

Jean-Baptiste Joly, âgé de cinquante ans, né à Angerville-le-Martel, département de la Seine-Inférieure, fondeur en cuivre, demeurant à Nantes ;

Jean Pinard, âgé de vingt-six ans, né à Christophe-du-Bois, département de la Vendée, demeurant au Petit-Mai, département de la Loire-Inférieure (ces cinq derniers, commissaires du comité révolutionnaire) ;

« Ont tous été renvoyés au tribunal révolutionnaire séant à Paris, comme prévenus de concussions, d'actes arbitraires, de dilapidations, de vols, de brigandages, d'abus d'autorité et d'avoir prononcé des arrêts de mort, ainsi qu'il résulte des interrogatoires qu'ils ont subis, des procès-verbaux et déclarations de témoins, jointes aux pièces adressées à l'accusateur public.

« Tout ce que la cruauté a de plus barbare, tout ce que le crime a de plus perfide, tout ce que l'autorité a de plus arbitraire, tout ce que la concussion a de plus affreux et tout ce que l'immoralité a de plus révoltant compose l'acte d'accusation des membres et des commissaires du comité révolutionnaire de Nantes. Dans les fastes les plus reculés du monde, dans toutes les pages de l'histoire même des siècles barbares, on trouverait à peine des traits qui pussent se rapprocher des liorreurs commises par les accusés.

Néron fut moins sanguinaire, Phaluis moins barbare et Syphane moins cruelle. Sous le masque du patriotisme, ils ont osé commettre tous les forfaits : ils ont assassiné la vertu pour couronner le crime ; ils ont froidement médité le meurtre et l'assassinat ; ils ont sciemment exercé toutes sortes d'exactions; les devoirs du magistrat ont été foulés aux pieds, le cri de l'innocence a été étouffé, la vertu offensée, la nature outragée, et le voile dégoûtant du crime a couvert la statue sacrée de la Liberté.

« Ces êtres immoraux sacrifiaient à leurs passions honneur et probité. Ils parlaient patriotisme et ils en étouffaient le germe le plus précieux ; la terreur précédait leurs pas et la tyrannie siégeait au milieu d'eux. « La liberté, le premier de tous les biens, ce doux présent de la nature que des siècles barbares a

vaient banni du sol français et qui vient d'établir son temple sur les débris du despotisme, la liberté avait fui les bords de la Loire; le voyageur, incertain, entrait en tremblant dans cette ville qui, la première, sonna le tocsin de la liberté. Il ne retrouvait plus ces Nantais ..." (extrait de l'ouvrage d'Alfred Lallié intitulé : "Le Sans culotte Goulin")

Autre extrait du procès (témoin)

"Moi, Benjamin PUSTREL, rentier et planteur de Saint-Domingue, dépose connaître GOULIN, JOLLY et GALLON j'accuse [Jean-Jacques] Goulin d’avoir fait arrêter ma femme et mon fils pour avoir logé un homme suspect ;

"mais ce motif n’était imaginé que pour légitimer l’arrestation de ma famille, ... [et] pour couvrir la vengeance de Goulin, fâché de n’avoir pu réaliser le mariage de la fille GALLON avec mon fils.

Mes effets les plus précieux ont été pillés par Jolly, et autres qui l’accompagnaient." »

(Sources : cf. p. 631 de la Réimpression de l’ancien Moniteur… Tome 22. Convention Nationale.- Paris : H. Plon, 1862.- 784 p. [N° 15 Primidi, 1er vendémiaire, an 3 de la République).

Sources : Archives nationales : Tribunal révolutionnaire (1793-an III) - Répertoire numérique des affaires jugées W 268 à 499 : GOULLIN (Jean-Jacques) : W 493, dossier 479.

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Portrait de Jean-Jacques GOULLIN

(Sources : Musée du Louvre)

réalisé lors de son procès en 1794-95 par Dominique VIVANT, baron Denon

 Suite du procès...

Le défenseur Réal ayant réussi à persuader le tribunal révolutionnaire, en octobre 1794, que la conduite de Jean-Jacques GOULLIN ne venait que de son aversion pour les fédéralistes de Nantes et qu'il n'avait qu'obéi aux ordres donnés par les autres membres du comité révolutionnaire, Pinard et Grandmaison furent seuls condamnés à mort avec Carrier.

L'acquitement de Jean-Jacques GOULLIN, alors âgé de 37 ans, produisit une véritable stupéfaction dans Paris : la convention s'en émut et le renvoya avec ses complices au tribunal criminel d'Angers mais cette seconde instance n'a pas lieu et les prisonniers (non condamnés à mort) sont élargis sans être jugés le 8 décembre 1795.

Partout menacé, Jean-Jacques GOULLIN erre sous un nom d'emprunt notamment du côté de Chinon .

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Extraits des Archives nationales - série Fle III. Indre-et-Loire. 10 Dossier concernant Chinon. Cotes 11, 12, 13 et 14 (E. AUDARD Bulletin - Amis du vieux Chinon 1913)

COTE 11

A Madame Galon, née Bonami, à Parilly, près de Chinon (Cachets de la poste de Saumur)

Il est de l'intérêt de l'étranger qui est arrivé chez vous hier de s'éloigner promptement. Les jeunes gens de Saumur menacent de l'assassiner partout où il sera. On parle hautement de lui et avec horreur. On dit qu'il est chez vous. Qu'il fuye. C'est le moyen d'éviter les scènes qui se prépare (sic) et dont vous serier (sic) la victime.

COTE 12

A. Goulin

Saumure, le 8 nivôse, de l'an 4ème (29 décembre 1795)

D'après l'imprudence que vous avez commise en vous montrant au grand jour, dans une maison publique aussi fréquentée que l'Auberge de l'Oie Rouge, vous devez sentir aisément tous les dangers, non moins grands que ceux auquels vous venez d'échapper, que vous courrez encore, si vous ne quittez promptement la retraite que vous vous êtes choisi beaucoup trop près de Nantes et du Soleil de Saumur aussi, où il passe et séjourne trop de Nantais, pour que vous y restiez longtemps ignoré, si d'ailleurs telle est votre intention, et où vous seriez tôt ou tard découvert infailliblement.

Il ne s'agit rien moins ici où retentit votre nom, que de vous faire boire, à votre tour, un coup à la Grand'Tâsse.

Je suis trop philanthrope pour hésiter un seul instant à vous manifester les risques que court encore celui qui porte un nom aussi généralement proscrit partout que le vôtre ; vous le savez. Profitez donc de l'avis salutaire et fondé que vous donne celui qui abjure toute haine, et tout ressentiment du passé, et renonce pour jamais à la vengeance des persécutions qui m'ont été personnelles, dont vous étiez le principal instrument.

Je ne vous veux point de mal ; ainsi croyez-moi, prenez vos mesures et usez de diligence.

Si je garde l'anonyme, c'est pour ceux entre les mains desquels pourrait par la suite tomber la présente, si vous ne la mettiez au feu.

COTES 13 ET 14 (Analyse)

Deux jeunes gens, Pierre Bourgeois, capitaine, aide de camp du feu général Boussard, demeurant à Angers, âgé de 27 ans, et Jacques Leroy dit Duverger, cultivateur à Seiche (M.-et-L.) se présentent le 21 ventôse an 4 (11 mars 1796), vers 6 heures du soir, à Parilly, chez le citoyen Guérinet, demandant à voir le citoyen Goullin, pour lui remettre une lettre de Nantes.

Les citoyennes Gallon et Deschamps refusent de leur laisser voir Goullin. Ils insistent, disant qu'ils ne peuvent remettre cette lettre qu'à lui seul, et essayant d'entrer par ruse.

Ils lui font donner rendez-vous pour le lendemain, 8 heures, à leur auberge, à Chinon.

Le lendemain, Goullin envoie un nommé Angelliaume à l'auberge chercher la lettre.

Les jeunes gens répondent "qu'ils s'étaient trompés, que la lettre était pour le Citoyen Joulin, et ensuite, qu'au surplus il n'en avaient point, qu'ils ne voulaient pas communiquer avec un scélérat comme Goullin, que c'était un Gueux et qu'ils le chargeaient de lui dire de leur part".

Ils sont arrêtés, interrogés, confrontés et emprisonnés le 23 ventôse à la prison de Chinon. La suite de l'affaire manque.

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Jean-Jacques GOULLIN finit par se réfugier en Haute-Vienne sur la commune de Bussière-Poitevine au lieu-dit Repaire.

Il y meurt, le 12 juin 1797 (24 Prairial An V), à l'âge d'environ 40 ans, chez Jean François Desbordes qui s'était intéréssé à lui et l'avait recueilli.

Jean-François DESBORDES: né à Bellac le 27 septembre 1767, prêtre "défroquée", de famille noble, au début du Directoire, il était juge de paix du canton de Saint-Barbant et président de l'administration municipale de Saint-Barbant il fut révoqué comme gendre d'émigré, après la révolution nommé juge de paix à Mézières, il est élu député de la Haute-Vienne en 1815 (pendant les Cent-Jours) et est décédé à Bussière-Poitevine le 21 décembre 1828.

Peut-être son bienfaiteur était-il de la famille de Marie Rose COSTE veuve DESBORDES née le 20 mai 1756, colon à Saint Domingue où elle possédait une propriété.

(Sources : ARCHIVES NATIONALES - F/12 – Secours aux réfugiés et colons spoliés, A - K - Sous-série F/12 (Commerce et industrie) articles F/12/2740-2883 et F/12/7627-7632/1 - F/12/2772

 

---------------------------------------------------------------------------------------------- Acte de décès de Jean-Jacques GOULLIN le 12 juin 1797

 Acte d'accusation du tribunal criminel révolutionnaire

(extrait de la réimpression de l'Ancien Moniteur - tome 22e)

Novembre 1794

 Alfred Lallié a rédigé une notice très riche sur Jean-Jacques GOUL(L)IN déposée à la Bibliothèque Nationale de France (Paris - Tolbiac) 

Titre :  Le sans-culotte J.-J. GOUL(L)IN, membre du Comité révolutionnaire de Nantes, 1793-1794 [Texte imprimé].

Publication :  Nantes : V. Forest et Grimaud, 1880 - Description matérielle :  In-12 - Notice n° : FRBNF36500239

Tolbiac - Rez-de-jardin - magasin - N27- 32234 support imprimé

 Il sera également utile de se reporter aux ouvrages de René de Kerviller qui a exploité les documents conservés aux archives départementales de Loire Atlantique et les collections privées de MM. Bord et Dugast-Matifeux.

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Anne Marthe Joséphine GOULLIN (qui précède) née à St Domingue le 19 mars 1764 à Fort Dauphin (île de St Domingue), fille de Jacques Symphorien GOULLIN et Anne Françoise MELLET.

Elle a hérité de ses parents deux caféières, une sucrerie et le quart d'une autre sucrerie à St Domingue. 

Anne Marthe Joséphine GOULLIN a été envoyée en France pour son éducation où elle a épousé à Nantes (paroisse St Clément) le 16 juin 1783, Jean Bernard BRARD, négociant habitant de Cap St Domingue , fils de Jacques BRARD et Rose GOUJON sa veuve consentant au mariage (André GOULLIN de la Brosse avocat au présidial de Nantes étant témoin de ce mariage comme parent de l'épouse).

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Acte de mariage de Marthe Joséphine GOULLIN et Jean Bernard BRARD le 16 juin 1783

(Sources Archives départementales de Loire Atlantique)

 

Après le décès de son premier mari avec qui elle était allée à St Domingue en 1783, elle retourne à Bordeaux en 1786. Elle y resta 7 ans puis reviendra à Nantes où elle habitera au 6 rue de l'égalité. 

Elle a eu un fils de son second mari Pierre André PUJOL (ce second mariage est contesté par certains généalogistes)

Elle épousera en 3ème noces (ou 2ème noces selon certains) le 25 mai 1811 à Nantes (44), Jacques REVERIER qui avait 6 enfants de son premier mariage avec Marie Gabrielle LE ROUX. 

 

Extrait de l'acte de mariage de Jacques REVERIER et Anne Marthe Joséphine GOULLIN le 25 mai 1811

(Sources Archives départementales de Loire Atlantique)

Elle décèdera le 5 octobre 1833 à Montrelais (Loire Atlantique).

 

Gabriel GOULLIN

 

En 1735, on trouve aussi un certain Gabriel GOULLIN décédé à Fort Dauphin (île de St Domingue) le 26 avril 1735.

 

(Sources : archives nationales de l'Outre-mer : http://anom.archivesnationales.culture.gouv.fr/)