Jean de Dieu Henri François GOULIN

(1859 - 1939)

Jean de Dieu Henri François GOULIN dit Henri est né à Reims (Marne) le 9 février 1859, il est le fils du cordonnier Jean-François Goulin et de Virginie Nicole Cochet.

Il a passé son enfance dans cette ville au 29 rue Ruinart de Brimont, dans le quartier bien fréquenté de la paroisse Saint-André. où il a étudié à l’école des Frères, rue Perdue dans le centre historique de Reims.

En 1872, Jean Goulin obtient un prix cantonal à un concours institué entre écoles primaires de la Marne.

En 1879, Jean-de-Dieu Henri Goulin habite au 29 rue Ruinart et est employé aux tissus à la maison Henry Mennesson (il a 25 ans).

Le 17 juin 1884 il a épousé à Reims, Félicie GRIFFON âgée de 24 ans originaire de Thillois, une petite commune proche de la capitale champenoise où ses parents étaient cultivateurs.

Après ce mariage il est allé s'installer au 21 rue de Bétheny dans la maison appartenant à la famille de sa femme dont la mère Félicité LOTH habitera avec eux jusqu'à sa mort en 1898.

Henri GOULIN et sa femme Félicité GRIFFON

De son mariage avec Félicie GRIFFON, Henri GOULIN a eu six enfants tous nés à Reims auprès desquels il exercera une très forte autorité :

- Henri Jean Rémi Alphonse dit Henri GOULIN né le 7 août 1885 qui a épousé Suzanne Clémence MARTELLET et est devenu directeur de Filatures à Fourmies dans le Nord.

- Jean de Dieu Louis Joseph dit Louis GOULIN né le 29 septembre 1888 qui a épousé Marthe GUILLEMART et s'est installé comme vigneron à Sacy non loin de Reims. Son fils Jacques GOULIN puis son petit-fils Christophe GOULIN ont repris l'exploitation familiale et continuent à y fabriquer un excellent vin de Champagne classé grand cru.

- Marie Madeleine Félicie dite Madeleine GOULIN née le 6 mai 1891 qui restera célibataire et vivra avec ses parents jusqu'à leur décès.

- Jules -André Joseph dit André GOULIN le 3 avril 1894 qui a épousé Yvonne JOUSSE (voir sa biographie détaillée plus loin).

- Fernand Maurice dit Maurice GOULIN né le 21 mars 1895 qui décédera enfant.

- Marie Henriette Cécile dite Cécile GOULIN née le 28 avril 1900 qui décédera quatre ans plus tard au mois de septembre 1894.

Henri GOULIN était représentant de commerce en tissus Anglais (textile destiné aux costumes pour hommes). Cette profession lui prenait beaucoup de temps mais ne l'a pas empêché de participer à la vie de nombreux groupements charitatifs tels que l'Association caritative St François d'Assise ou le cercle chrétien de la paroisse St André et surtout de devenir un grand militant syndical.

En 1887 le père Hièron, frère des Ecoles Chrétiennes, avait fondé à Paris le Syndicat des Employés du Commerce et de l'Industrie.

Suivant son exemple; Henri GOULIN crée en 1900 la section syndicale de Reims. Pendant toute sa vie il a signé régulièrement les comptes rendus des réunions du conseil et a participé à la mise en place de "L'employé Rémois", la revue du syndicat. On se souvient aussi de lui comme d'un très bon orateur.

Chaque semaine Henri GOULIN venait à Paris pour rencontrer certains de ses clients et il prenait ses repas dans la maison du syndicat, rue Cadet à Paris 9e. C'est là qu'il a fait la connaissance de René JOUSSE le futur beau-père de son fils André GOULIN. En effet René JOUSSE était adhérent comme lui du syndicat des employés et il présidait la section des 1er et 4ème arrondissement de Paris.

En 1903, création à Reims d'une rue baptisée Jean GOULIN du nom de l'ancien médecin et hisstorien de la Médecine né dans cette ville en 1728.

En 1914 avec la première guerre mondiale, ses trois fils ont été mobilisés et quelques mois plus tard la ville de Reims a subi de graves bombardements qui ont entièrement détruit sa maison du 21 rue de Bétheny. Henri GOULIN a donc quitté Reims pour se réfugier en région parisienne avec sa femme et sa fille Madeleine. Il a emménagé à Saint-Mandé une petite commune de la banlieue de Paris à deux pas du bois de Vincennes, d'abord rue Sacrot puis au 22 rue de Bérulle. En 1918 ses trois fils sont revenus sains et saufs du front mais André le plus jeune qui était âgé de 24 ans a été gravement blessé et Henri GOULIN qui avait une haute idée de l'honneur a refusé qu'il demande une quelconque pension d'invalidité à l'Etat, "Après tout il n'avait fait que son devoir!' a-t-il dit alors.

En 1919, il est candidat catholique aux élections municipales de Reims.

La même année, le syndicat des employés de commerce fusionne avec d'autres organisations amies pour former la Fédération des Syndicats d'Employés Chrétiens qui prendra plus tard le nom de C.F.T.C.

Cinq ans plus tard Henri GOULIN est revenu à Reims avec sa femme sa fille Madeleine et s'est installé au 21 rue Jacquart où il avait fait reconstruire une nouvelle maison avec les indemnités pour dommages de guerre. C'est sans doute vers cette date qu'il est devenu l'un des administrateurs de la Caisse d'Epargne de Reims.

Il a été également élu président de la Fédération des Écoles chrétiennes de la ville de Reims.

Revue du syndicat chrétien fondé par Henri Goulin (collection conservée à la Bibliothèque nationale)

 

Henri Goulin en visite sur un chantier avec une délégation de la ville de Reims (7eme en partant de la droite)

Rue de Bétheny à Reims où habitait Henri Goulin (après les bombardements allemands)

Le 20 janvier 1925 Henri GOULIN a été élu président de l'Union départementale des syndicats chrétiens de la Marne qui s'était créée au 15 Rue Brûlée à Reims et pour fêter ses 25 ans de présidence du syndicat des employés de Reims, ses camarades lui ont offert une pendule en marbre qui est encore dans la famille aujourd'hui.

A cette époque le recrutement de son syndicat était exclusivement catholique et Henri GOULIN très pratiquant servait la messe tous les matins.

Pour illustrer combien c'était un homme de principes voici une petite anecdote rapportée par sa belle fille Yvonne GOULIN. Un jour de carême comme il déjeunait au restaurant du syndicat à Paris, ayant découvert avec surprise de la viande au menu, il s'est mis violemment en colère, à jeter sa serviette par terre et a quitté les lieux sans manger devant ses confrères médusés.

Henri GOULIN était aussi très attaché à la tradition familiale: tous les ans il allait avec ses enfants souhaiter la "bonne année" à la statue du grand-oncle, le Maréchal DROUET d'Erlon qui à l'époque était exposée sur une des principales places de Reims.

Le 8 juin 1934 il a fêté à Reims avec la famille au grand complet le 50ème anniversaire de son mariage avec Félicie GRIFFON, la photo de l'événement a été conservée. L'année suivante à l'âge de 75 ans il a abandonné ses fonctions syndicales pour raisons de santé.

Sa femme Félicie GRIFFON est décédée d'une pleurésie à Reims le 29 décembre 1937 et dix jours plus tard fortement ébranlé par la mort de son épouse Henri GOULIN a rédigé son testament en ces termes :

''J'ai vécu jusqu'ici dans le triple amour de Dieu, de ma famille et de ma patrie et je veux y mourir. Je demande à mes enfants de s'inspirer des mêmes sentiments et de ne jamais y faillir. Qu'entre eux règnent toujours : l'Union, la Paix et la Concorde même au prix de sacrifices d'intérêt ou d'amour-propre. N'ayant jamais sacrifié ces principes dam le cours de ma vie, je veux croire qu'ils reconnaîtront que cette union dans la famille constitue avec la paix de la conscience, le seul vrai bonheur ici-bas que je leur souhaite de tout mon coeur. La loi Française m'interdit de tester, mais je veux néanmoins exprimer à mes fils, mon grand désir de ne pas les voir se désintéresser de leur soeur Madeleine qui nous a si bien soignés et témoigné tant d'attention. Que ses frères s'occupent donc de ses intérêts avec générosité et sans arrière-pensées et puisqu'elle est seule de ne jamais l'abandonner! Quant à moi, je n'ai qu'à recommander mon âme à Dieu qui m'a comblé de ses grâces, ce dont je ne le remercierai jamais assez... Je supplie la Ste Vierge et Saint Joseph de se souvenir de moi après ma mort comme ils m'ont protégé toute ma vie. Que l'on fasse de mon corps ce que l'on voudra, c'est le dernier de mes soucis, mais qu'on multiples prières, communion et messes Pour ma pauvre âme et pour celle de ma chère et Sainte femme que j'ai tant aimée et dont l'exemple de fidélité et de dévouement a été pour moi le réconfort de toute ma vie. Fait à Reims le 11 janvier 1938."

Henri GOULIN est mort dans sa maison de la rue Jacquart, le 25 août 1939 après une grave congestion pulmonaire. René JOUSSE son beau-frère dira de lui dans ses mémoires : "Lui qui était un saint a maintenant la récompense là-haut des bonnes idées qu'il a toujours suivies ici-bas en inculquant aux siens l'amour du devoir et du travail incessant qu'il n'a cessé de pratiquer pendant son existence".