Quelques pistes sur la famille Goulin (Goullin)

installées à St Domingue au 18e siècle

Dans l'état détaillé des liquidations ordonnancées par le Ministère des Finances en vertu de la loi du 1er janvier 1832 qui était destinée à indemniser les anciens colons de l'île de St Domingue (l'ouvrage original est consultable à la Bibliothèque généalogique de Paris - 3, rue de Turbigo), on trouve une famille 'DE PONS' se présentant comme 'héritiers' des anciens propriétaires et qui a reçu de l'Etat Français une indemnisation de 33 200,00 Francs (*) pour une sucrerie située dans la paroisse d'Ouanaminthe (juridiction de Fort Dauphin). Cette propriété appartenait auparavant à la famille GOULIN puisqu'elle est appelée "Pons" anciennement Goulin.

La décision d'indemnisation a été prise le 30 avril 1831 et le crédit correspondant a été notifié à la Caisse des dépôts et Consignations le 1er octobre 1831.

(*) à titre de comparaison une maison d'habitation de colon à St Domingue était évaluée entre 2000 F et 4000 F.

 Il apparaît donc que la famille Goulin possèdait cette sucrerie avant la révolte des esclaves qui débuta en août 1791.

On trouve également une Jeanne CAZENAVE épouse Benjamain GOULAIN, résidente à Bordeaux, dans la liste définitive des propriétaires de biens situés dans les colonies [d'Amérique] qui, en exécution de la loi ont fourni au Ministre de la marine et des colonies, la preuve de leur résidence depuis le 9 mai 1792 jusqu'au 4 nivôse an 8. Il s'agit d'une famille de colons originaire de Guadeloupe et plus anciennement de Normandie dans la région de Dieppe (voir le détail en suivant ce lien).

Précisons que cette localité Goulin existe toujours et est d'ailleurs très prôche de Fort-Dauphin (aujourd'hui dénommé Fort Liberté) situé à quelques kilomètres au sud dans l'intérieur des terres à la limite de la frontière avec la partie espagnole de l'île, localité où est né Jean Jacques GOULLIN le célèbre (et sanglant) révolutionnaire nantais dont les parents anciens colons à St Domingue avaient été ruinés par la révolte des esclaves de cette île.

Vue de Fort Dauphin (estampe de la bibliothèque nationale)

Par ailleurs, il est instructif de noter que l'appellation locale est "Goulin" et non "Goullin" ce qui montrent que l'orthographe de ce patronyme n'était pas stabilisée, de la même façon que dans les registres paroissiaux du 17e siècle de la région du pays de Retz (voir la page consacrée aux autres Goullin non rattachés à la généalogie principale).

Pour poursuivre cette étude, il serait fort intéressant d'éclaircir les deux points suivants :

- Qui est cette famille 'DE PONS' qui a acheté de la sucrerie Goulin quelques années avant la révolution ?

- A quelle date et d'où venait les Goulin de St Domingue ? (sachant que les premiers colons sont venus s'installer dans cette île en 1636) - sur ce dernier point il sera intéressant de consulter les deux ouvrages suivants :

"Les premiers engagés partis de Nantes pour les Antilles (1636-1660)" par Jean Tanguy (ouvrage consultable à la BNF ou la bibliothèque Thiers 27, place St Georges à Paris 9e -
Tél. 01 48 78 14 33 - ouverture uniquement les jeudi et vendredi de 12h à 18h)

"Description topographique, physique, civile, politique et Historique de la partie française de l'isle Saint-Domingue". Nouvelle édition entièrement revue et complétée sur le manuscrit accompagnée de plans et d'une carte hors-texte suivie d'un index des noms de personnes. par Blanche Maurel et Etienne Taillemite. Paris, Société française d'Histoire d'Outre-Mer. 1984 (première édition 1958). L'édition originale date de 1797. (Voir à la BNF)

Données très intéressantes fournies par M. Georg Wallner :

- les actes de l’état civil de Fort-Dauphin sont assez complets de 1705 à l’an X, mais contiennent quand même quelques lacunes : au début, entre 1737 et 1746, entre 1756 et 1759, entre 1764 et 1766, et vers la fin ; ils sont enregistrés sur microfilm.

Les tables alphabétiques des registres : 55 miom 4 (accessible tout de suite) ;

Les actes 1705 – 1737 : mi - 85 miom 50;

1746 – 1780 : mi - 85 miom 51;

1780 – 1797: mi - 85 miom 52;

Ces actes sont accessibles sur place (traitement dans les 1 – 2 heures environ) et sur internet (site des archives d'outre-mer : http://www.archivesnationales.culture.gouv.fr/anom/fr/

(Peut-être faudrait-il chercher aussi dans les quartiers voisins: Ouanaminthe, Terrier rouge etc ?)

- Les détails des actes de l’indemnité (ancien propriétaire, ayant droit réclamants, lieu, indemnité concédée …) : bib - som -- d64/1827 (pour l’an 1827), etc.

- Dans les doubles des minutes des notaires il faut chercher ; il y a des sommaires des minutes, e. g. pour la partie nord de Saint-Domingue, sous les cotes :

dppc - not - sdom/rep/109 jusqu’à dppc - not - sdom/rep/114.

Là, j’ai trouvé des actes se référant aux Goulin rédigés par le notaire Javain de Poincy à Ouanaminthe. Dans les minutes de ce notaire pour l’an 1780, sous la cote dppc - not - sdom/1133, pour le 21/7/1780, on trouve le « proces verbal de la mise en possession par M.r Badaillac des biens dits Goullin » dont j’avais parlé (dans l’acte le notaire nomme un Henry Pons, gérant des biens des héritiers Dureux, comme arbitre pour la vente – peut-être c’est le Pons propriétaire plus tard).

- Dans les « tableaux des sucreries de la dépendance du Fort-Liberté affermées pour compte de la république », on trouve pour l’an III aussi le bien nommé Goulin.

Les familles Leblond et Duhart (époux d’une Leblond) sont propriétaires d’une habitation probablement voisine à l’habitation Goulin (ne pas hésiter à en faire part à M. Georg Wallner).

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